II. Une France réorganisée en profondeur
Homme politique législateur, Napoléon remodela l'Etat Français, donnant à la France une administration très efficace et une législation unifiée, balayant ainsi les derniers vestiges de l'Ancien Régime.
Au moments du coup d'Etat des 18 et 19 Brumaire - 9 et 10 novembre 1799 -, le général vainqueur d'Arcole et des Pyramides est extrêmement populaire en France. On attend alors de lui le retour à l'ordre par l'application stricte d'une loi sévère. Une grande majorité de la population veut le respect des « conquêtes de la révolution ».
Les institutions législatives, le Sénat, le Corps législatif et le Tribunat sont neutralisés. L'exécutif, au contraire, est considérablement renforcé. Il est composé de 12 départements ministériels ; il ne comporte ni cabinet ni premier ministre. Le conseil d'Etat devient l'institution la plus influente - la pierre angulaire inébranlable de la bureaucratie française. Le Ier Consul, qui le préside, y consulte des hommes politiques de tout bord. Ensemble, ils préparent les lois et les règlements.
La déconcentration, c'est-à-dire la dévolution de compétences au profit de fonctionnaires nommés par l'Etat, représentants de l'Etat, et applicant sa politique dans les circonscriptions administratives, est forte. L'autorité du département est placée dans les mains du Préfet, nommé par Paris et directement dépendant de Paris. D'ailleurs, son uniforme témoigne de son statut militaire.
En 1800, il accélère le processus de remplacement des divers textes de lois par un code unifié.
1804 - année ou il devient Empereur des Français - voit la naissance du Code Civil, bientôt Code Napoléon. Incarnation des principes hérités de la Révolution, il garantit l'égalité de tous devant la loi, la tolérance religieuse et le droit de propriété. De plus, il abolit le droit d'aînesse et autorise de nouveau les ordres monastiques.
Par ailleurs, il procède à une réorganisation des finances : plutôt que d'augmenter les impôts, on choisit de créer des taxes indirectes sur le vin, les cartes à jouer, les voitures, le tabac, le sel. La création de la Banque de France en 1800, qui a le monopole des billets de banque, constitue l'apogée de cette politique.
En 1802, il crée la légion d'honneur pour récompenser les meilleurs serviteurs de l'Etat. Même si l'Église conserve le contrôle de l'enseignement primaire, l'Etat met en place un nouveau système d'enseignement secondaire avec la création de prestigieux Lycées dont les élèves, encadrés de façon militaire, se destinent aux postes les plus importants de l'administration. De plus, il crée des écoles qui enseignent la médecine, la pharmacie, le droit et l'armée.
Les réalisations napoléoniennes sont nombreuses, notamment dans les domaines administratif et législatif. D'ailleurs, nombre de ces réformes sont encore présentes dans la France moderne et témoignent continuellement de la grandeur et de l'envergure d'un personnage qui demeure immortel.
Sources : « Napoléon », Richard Holmes ; « Histoire de France », Pierre Miquel.